L’économie sociale et solidaire est-elle une solution face au capitalisme ?

Face à l’augmentation de burn-out, notamment depuis la crise du Covid-19, est-ce que l’économie sociale et solidaire (ESS) peut-elle être une alternative aux entreprises ?

Présentation de l’économie sociale et solidaire

L’économie sociale et solidaire (ESS) est un mode d’entreprendre qui n’est pas seulement fondé sur le capital. Elle cherche à concilier activité économique et utilité sociale. Les structures qui optent pour ce modèle économique se préoccupent en premier lieu de leur utilité sociale et/ou environnementale et placent l’humain avant le profit au cœur de leur fonctionnement. Il représente une part importante de l’économie française, avec 10 % du PIB.

Source: economie.gouv

L’ESS réunit cinq structures juridiques : les associations déclarées loi 1901, les fondations, les mutuelles, les coopératives, les sociétés commerciales de l’ESS.

L’ESS repose sur trois piliers fondamentaux:

  • Utilité collective ou sociale et/ou environnementale du projet. Le projet d’entreprise vise à répondre à des enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux.
  • Gouvernance démocratique. Lors des votes, 1 personne = 1 voix. La gouvernance n’est pas seulement basée sur l’apport en capital des associés comme c’est le cas chez les entreprises capitalistes où plus t’as d’argent, plus tes voix comptent.
  • Lucrativité limitée et une répartition équitable des excédents. Les bénéfices sont principalement consacrés au maintien et au développement de l’activité. Les réserves obligatoires constituées sont impartageables et ne peuvent pas être distribuées. Une solution face à cette statistique d’Oxfam selon laquelle 70 % des bénéfices des 100 plus grandes entreprises sont reversés à leurs actionnaires.

Le site Job That Make Sense permet de trouver des emplois issus de l’ESS afin de mettre plus de sens dans son travail.

Quelques difficultés

Sur le papier, face aux défis climatiques et sociaux du XXIe siècle, tout porte à croire que l’ESS est le modèle le plus adapté face à ces enjeux, et que des entreprises capitalistes vont muter.

Cependant, un fonctionnement en tant qu’ESS n’est pas nouveau. En effet, des coopératives puissantes ont déjà existé par le passé au XVIIIe et XIXe siècles. Par exemple, une coopérative nationale regroupant consommateurs et producteur, pour penser collectivement le marché alimentaire, éduquer les consommateurs, et assurer la qualité et l’accessibilité des produits. Mais les entreprises capitalistes ont finalement absorbé ces coopératives.

Un autre souci plus actuel, est le manque de soutien de l’ESS par le gouvernement. D’après ESS France, le champ de l’ESS a perdu 10 447 emplois au second semestre 2025, et les défaillances ont atteint un niveau sans précédent depuis plus de 5 ans. De plus, le 5 juin dernier, le gouvernement annonçait une réduction de plus de 30 % des crédits dédiés au développement de l’ESS (soit 4 millions d’euros), alors que les budgets avaient été votés à l’Assemblée nationale. Une lettre ouverte d’ESS France signée par plus de 5000 personnes a finalement mis la pression sur le gouvernement à se rétracter, et le budget a finalement été rétabli ce 22 juin.

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